Université IÂ

Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 14:09

Bien sûr cet article du Monde, "Deux petites culottes au fil de la procédure", du 11 janvier 2012 pourrait être le point de départ de débats bien plus hardis que ceux qui consistent à parler chiffons...  

Mais dans quelle disicipline pourrait-on l'insérer au regard des activités sérieuses de l'UIA de Granville ?

 

Police et vieilles dentelles

 

Faits "d'hiver" (comme celui de Vains)

Peut-être un rapport direct avec la prochaine conférence (vendredi 3 février 2012) de Jean-Yves LEPETIT "L'irruption des faits divers dans la presse : une mutation de la nature de l'information" ?

 


Avranches: une grève de la faim pour sauver sa... par france3bassenormandie_845


  L'article du Monde

  Deux petites culottes au fil de la procédure

Nous, soussigné gendarme X, agent de police judiciaire, sous le contrôle de l'adjudant Y, vu les articles 20, 21-1 et 75 à 78 du code de procédure pénale, rapportons les opérations suivantes : le 16 octobre, Mme T se présente à notre unité et manifeste le désir de déposer plainte contre X pour vol de linge. Nous enregistrons sa plainte. " Suivent dix pages de procédure, soigneusement cotées et paraphées. Elles commencent par la déposition de la plaignante :

" J'avais étendu mon linge sur le fil à 11 heures, samedi. Je me suis absentée l'après-midi et, à mon retour, j'ai remarqué l'absence de deux culottes. - Pouvez-nous nous décrire les vêtements qu'il vous manque ? - Il s'agit d'une culotte blanche de taille 36 et une autre de couleur beige de taille 38. Je pense que mon voisin, M. Z, peut être l'auteur de ce vol, mais sans certitude. "

Dans une petite ville d'Aquitaine, le gendarme X flanqué du maréchal des logis-chef Y vont le lendemain au domicile du voisin, pour lui annoncer sa convocation à la gendarmerie. Un mois passe. M. Z se présente à la date prévue. Il est retraité, un peu dépressif, et reconnaît tout de suite qu'il est l'auteur du vol.

" Pourquoi avez-vous pris les deux culottes alors qu'il y avait d'autre linge ?- Qu'en avez-vous fait ?- Je suis rentré chez moi et je les ai mises dans le sac-poubelle.- En avez-vous parlé à votre épouse ?- Non, elle l'a appris quand vous êtes venus, elle l'a raconté à ma fille, qui m'a engueulé.- Pourquoi êtes-vous en mauvais termes avec vos voisins ?- Il fait du bruit le week-end avec sa tronçonneuse et le burin sur la ferraille. "

Le gendarme X informe le procureur de la République. Celui-ci demande au voisin de dédommager sa voisine, en échange de quoi il prononcera contre lui un simple rappel à la loi.

En décembre, la procédure s'épaissit. " Nous, gendarme X, sous le contrôle de l'adjudant-chef Y, poursuivant l'enquête en cours, joignons à la procédure l'attestation du dédommagement que nous remet Mme T, accompagnée du ticket de caisse d'un montant de 33,40 euros. Elle reconnaît avoir reçu un chèque correspondant de la part de M. Z. " Le ticket de caisse de l'achat d'un " boxer Capucine " et d'un " shorty Joséphine " dans un hypermarché est enregistré dans le dossier.

M. Z est convoqué une nouvelle fois. Le procès-verbal de " notification de rappel à la loi " est dressé. Le gendarme X reprend la plume : " Ce jour comparaît devant nous M. Z, auquel il est reproché d'avoir, sur le territoire national, frauduleusement soustrait une culotte blanche taille 36 et une autre culotte taille 38 sur un fil à linge au préjudice de Mme T. L'informons que, s'il était poursuivi devant le tribunal correctionnel, les peines maximales encourues pour les faits cités sont de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Invitons le comparant à ne pas renouveler l'infraction. La personne affirmant ne pas savoir lire, lecture lui est faite. "

Mme T décide de maintenir sa plainte. Le procureur est à nouveau saisi. Décide de classer sans suite. Fin de la procédure.

Pascale Robert-Diard

© Le Monde
Oui, les affaires du monde sont importantes, ne tiennent parfois qu'à un fil mais sont aussi parfois navrantes...
Par Jipé - Publié dans : Université IÂ
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 19:28
Le grand quotidien de l'ouest Ouest-France faisait paraître cet article, suite à la mise en ligne d'un important rapport de l'UNESCO sur les menaces qui pèsent sur certaines langues dites mineures ou minoritaires.



Petites langues en danger
(Cliquer sur ce lien)


"Bretagne
mardi 31 mars 2009
Les petites langues de l'Ouest sont en danger
6 700 langues sont parlées aujourd'hui dans le monde. La moitié est en danger de disparition d'ici 2100, selon l'Unesco. C'est le cas du breton, du gallo et du normand.
L'Unesco vient de publier la troisième édition de son Atlas interactif des langues en danger du monde (www.unesco.org/culture). Les précédentes datent de 1996 et 2001. En France, toutes les langues minoritaires sont classées entre « vulnérable » ou « sérieusement en danger ». Trois de ces langues sont parlées dans l'Ouest : le normand, le gallo (proche de l'angevin) et le breton.

206 000 personnes parlaient breton en 2007, dans les quatre départements de la Bretagne administrative, soit 13 % de la population. Elles étaient 111 500 en Finistère, 43 750 en Côtes-d'Armor, 33 250 en Morbihan et 6 000 en Ille-et-Vilaine. L'Unesco retient le chiffre de 250 000, en tenant compte des expatriés et de la Loire-Atlantique. Les bretonnants représentaient 20 % de la population en 1997. Ils ne seront plus que 9 % dans huit ans et 4 % en 2043.

Aucune étude similaire n'a été réalisée pour le gallo et pour le normand, parfois considéré comme une variante dialectale du français.

L'état des lieux

Breton

Nom alternatif : brezhoneg.

Vitalité : sérieusement en danger.

Nombre de locuteurs : 250 000 (estimation fondée sur plusieurs sources).

Localisations : Ouest Bretagne ; nombreuses communautés émigrées.

Gallo

Nom alternatif : galo (dans la langue), mais aussi angevin.

Vitalité : sérieusement en danger.

Nombre de locuteurs : 200 000 (selon diverses sources).

Localisations : Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, deux tiers Est des Côtes-d'Armor et tiers Est du Morbihan.

Normand

Vitalité : sérieusement en danger.

Nombre de locuteurs : non disponible (pas d'études d'ensemble).

Localisations : Haute-Normandie et Basse-Normandie ; langue régionale non reconnue par le SIL (1).

(1) Le Summer Institute of Linguistics, Institut d'été de linguistique, est une organisation non gouvernementale de confession chrétienne évangélique. Son but principal est l'étude, le développement, la documentation des langues dites « minoritaires » et la traduction de la Bible."




Un lecteur fait part de son point de vue dans l'édition du week end du 26 avril :




Allons-y tout dreit !

J'avais écrit ces quelques mots sur le sujet il y a trois ans de cela déjà. Je les reprends ici :

L'histoire phonologique du mot "dreit" est assez claire mais l'étymologie en est plus complexe à ce que je me la représente...
Il y a en effet l'étymon latin "directus" qui a donné "dreit" puis "droué" puis "droit", mais il y a aussi l'autre voie, tirée de "dexter" qui a donné d'abord "destre" en françois ( je respecte la consigne orthographique !) C'est l'opposé de "senestre". Dextre ou senestre, le choix des corbeaux pour sceller notre destin.
En outre le sens "droit" (angle droit) se retrouve aussi dans la racine "ortho"...

Selon Littré, Droit, droite :
L'acception de ce mot au sens de opposé à gauche ne paraît pas remonter au delà du seizième siècle ; jusque-là, opposé à gauche s'était dit destre, du latin dexter. C'était le vrai mot, de vieille origine et consacré par l'antiquité première ou latine et par l'antiquité seconde ou de la langue d'oïl. Mais tout à coup destre tombe en désuétude ; pour remplacer ce mot indispensable, l'usage va chercher l'adjectif droit, qui signifie direct, sans courbure, sans détours. Il a fallu certainement beaucoup d'imagination pour y trouver le côté opposé au côté gauche ; néanmoins il valait bien mieux conserver destre que créer une amphibologie dans le mot droit en lui donnant deux sens qui ne dérivent l'un de l'autre que par une brutalité de l'usage. N'est-ce pas en effet une brutalité impardonnable que de tuer aveuglément d'excellents mots pour leur donner de très médiocres remplaçants ?

GRAMMAIRE
Je suis là-dessus complètement d'accord avec Rémi PÉZERIL de Magène. Pas de grammaire pas de langue ! Et les diverses dénominations utilisées pour nommer les langues ne sont que des artifices de domination, à deux titres au moins : (domination du pouvoir politique et domination du pouvoir des mandarins des universités.)
Langage, idiome, langue, parler, dialecte, parlure, lexie, jargon, baragouin, galimatias, charabia, argot, verlan, javanais, sabir, pidgin, créole etc... ne sont que des désignations superfétatoires, inventées pour mettre des jugements de valeur sur des manières de s'exprimer et les outils linguistiques qui y sont utilisés, j'en suis tout à fait convaincu.

LANGUES AFRICAINES
C'est d'ailleurs étonnant au possible que les mêmes linguistes distingués & émérites qui donnent le statut de langue à tous les idiomes africains n'hésitent pas un instant à taxer le normand de patois... On se prend à rêver que ce pourraît être - par anticipation - un effet de la discrimination positive...
Et de plus noute loceis (du latin loqui, locere = parler) a une littérature vivante, lui.


Avril 2006

Le normand un loceis bien campé !

Que diriez-vous de notre loceis normand ou de notre prêchi de la Hague, du Val de Saire, du Bauptois, du Coutançais, du Bessin ou du pays de Caux ?

    * Que c'est un idiome (lat idioma) ensemble des moyens d'expression d'une communauté correspondant à un mode de pensée spécifique ?
    * Un baragouin, une langue incompréhensible (du breton 'bara' (pain) & 'gwin' (vin) ; un langage incorrect et inintelligible et donc par extension une langue que l'on ne comprend pas et qui paraît barbare ?
    * Un dialecte (du grec 'dialektos' puis du latin 'dialectus') c'est à dire une variété régionale d'une langue ?
    * Un parler, une manière de parler ou comme le disent les linguistes " l'ensemble des moyens d'expression employés par un groupe à l'intérieur d'un domaine linguistique ? => un parler régional…
    * Un charabia (de 'charabiat' émigrant auvergnat ou de l'espagnol 'algarabia' venant lui-même de l'arabe 'algharbiya' - langue de l'ouest berbère) langage de style incompréhensible ou grossièrement incorrect.
    * Un sabir ( de l'espagnol 'saber' savoir), jargon mêlé d'arabe, de français, d'espagnol, d'italien, parlé en Afrique du nord et dans le Levant ?
    * Un langage, un système de signes vocaux et/ou graphiques qui remplit la fonction de s'exprimer et de communiquer avec ses semblables ?
    * Un argot, cette langue des malfaiteurs, du milieu, de la pègre c'est à dire " un ensemble oral de mots non-techniques qui plaisent à un groupe social donné… "
    * Un pidgin, c'est à dire un système linguistique composite plus complet qu'un sabir mélange d'une langue véhiculaire et d'un idiome autochtone ?
    * Un galimatias, (du latin 'ballimathia'= chanson obscène) discours ou écrit confus, embrouillé, inintelligible ? Voire un amphigouri dans lequel le discours devient burlesque tant il est rempli de galimatias ?…
    * Un patois, ( ? du radical 'patt' exprimant la grossièreté), parler, dialecte local employé par une population généralement peu nombreuse, souvent rurale et dont la culture, le niveau de civilisation sont jugés comme inférieurs à ceux du milieu environnant (qui emploie la langue commune…)
    * Une langue, (du latin 'lingua') système d'expression du mental et de communication commun à un groupe social (communauté linguistique …) ?
    * Un jargon, (de 'garg' onomatopée = gosier ), langage corrompu, déformé, fait d'éléments disparates et partant, langage incompréhensible ?
    * Un créole, système linguistique mixte provenant du contact de plusieurs langues (français, espagnol, portugais, anglais, néerlandais avec des langues indigènes ou importées d'Afrique par exemple dans les Antilles et qui est devenu une langue maternelle ?

Parfois, vous entendrez parler de langues régionales, de français régionaux, de parlers régionaux ou locaux, de français régional de Normandie, de patois et dialectes de langues d'oïl. Les recouvrements qui sont effectués sont subtils et toujours teintés d'un coefficient de type hiérarchique avec comme référence première la langue officielle (i.e dominante) ainsi pour nous le français depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts promulguée par le bon roi François Ier en 1539.

Bien avant tout cela, la Romania était constituée par l'ensemble des régions de langues issues du latin :

- Le domaine gallo-roman (langue d'oïl, langue d'oc et franco-provençal.)

- Le domaine italo-roman .

- Le domaine ibéro-roman.

- Le domainebalkano-roman (le roumain.)

S'agissant de ce loceis que nous parlons encore en Normandie (20 à 30000 locuteurs peut-être) il convient donc de le situer dans l'espace de la Romania à la fois comme langue d'oïl de l'ouest & du nord issue du latin et ayant eu des apports germaniques puis scandinaves relativement importants même si c'est sans doute la langue d'oïl qui est restée la plus fidèle à ses origines latines :

Quelques preuves vivantes :

Latin    normand    français
Vespa      vêpe        guêpe
Cattu        cat           chat
Vacca     vaque        vache
Caminu   quemin      chemin
Calidu     caôd          chaud
Cassanu  quêne       chêne
Gamba    gambe       jambe
Gardine    gardin       jardin
Junicia    géniche     génisse
Dulcia      douche      douce
Tractiare    trachi      tracer
Cauda        coue      queue


Le normand est donc une langue d'oïl spécifique d'une région. La langue longtemps parlée en Normandie, bien avant que le français d'Île de France devienne par autorité la langue nationale de la France entière. On peut même dire qu'il y a une antériorité du normand sur le français et qu'on parlait le normand à la cour d'Angleterre bien avant le français puis enfin l'anglais… Mais c'est une langue à part entière.

Les linguistes ont l'habitude d'exiger trois critères pour qu'une langue soit… une langue :

- Possède un vocabulaire largement original :

Latin => gallo-roman + germanique, saxon + vieux norrois (plus de 200 radicaux donnant environ 1000 mots) De nombreux glossaires et/ou dictionnaires en attestent (près de 60.)
- Possède une grammaire définie, des règles de conjugaison régulières (voir l'Essai de Grammaire de l'UPNdu Coutançais) & aussi une orthographe normalisée…

- Possède une production littéraire. Et là, elle est non seulement riche mais ancienne…

À tout cela s'ajoutent des considérations de culture, y compris un droit normand qui a encore voix au chapitre dans les îles dites anglo-normandes ainsi que des traditions dont on perçoit bien toute la finesse, l'humour et la spécificité normands dans la brochure de l'UPN du Coutançais " Expressions, Proverbes & Dictons en langue normande… "


Il faut rappeler qu’une langue, selon les linguistes, est un système de signes vocaux ou scripturaux propre aux membres d’une communauté et leur permettant de communiquer entre eux. Elle peut n’avoir que quelques dizaines de locuteurs aussi bien que des centaines de millions. En France, par exemple, le breton est une langue au même titre que le français, même s’il ne bénéficie pas d’une diffusion aussi large.

On emploie le terme dialecte pour désigner la forme régionale d’une langue. Le normand ou le picard (de même que le wallon belge) sont des langues de la même famille que le français. L’arabe dialectal est la langue parlée au quotidien, par opposition à l’arabe classique enseigné à l’école et utilisé à l’écrit. Il varie souvent considérablement d’un pays à l’autre, tant au niveau de la syntaxe et du vocabulaire que de la prononciation. On peut considérer qu'il est souvent une variante de l'arabe classique par déformations ou mélanges avec le berbère, l'espagnol ou le français (dans le Maghreb en tout cas...)

Autre notion, celle de parler : celui-ci est utilisé sur une aire beaucoup plus restreinte que le dialecte : dans une zone montagneuse particulière, dans un groupe de village…

Pour ce qui est du patois, il équivaut au dialecte ou au parler, mais avec une connotation péjorative mettant ses locuteurs à un niveau culturel indigent.

En fait, pour éviter toute confusion, il vaudrait mieux retenir le terme général d’idiome : il recouvre aussi bien la notion de langue que celles de dialecte, de parler ou de patois.

La limite méridionale de la langue normande est donnée par la ligne Joret au dessus de laquelle  le " k " l'emporte sur le " ch "...



À M. Loïc JOSSE, je voudrais dire qu'il a complètement raison lorsqu'il s'interroge sur ce qu'est une "petite langue" et que les "classifications" qui sont faites la plupart du temps par les linguistes ne sont que des classements d'ordre culturel (au sens où certaines cultures, rurales notamment seraient intrinsèquement inférieures.) Patois et pataud sont bien dans le même bateau ! Dans le même que Bécassine, que le mot "plouc" et le verbe "baragouiner" car tous se moquent sans vergogne des habitudes lexicales des Bretons comme tant de parisiens en vacances se sont moqués depuis des décennies  des "mots déformés" des paysans normands, pensant sans doute qu'ils n'étaient pas culturellement et intellectuellement capable de répéter leur français impeccable et qu'ils n'avaient plus comme solution que celle qui consiste à déformer le beau langage. En fait, ce fut très souvent le contraire qui se produisit. Hyppolite GANCEL disait que "le français est un "patois" du normand". Je pense que très souvent la langue courante dans Paris a été un pidgin de picard, de normand, d'auvergnat et de savoyard, mêlé parfois de jargons professionnels. Le français est une langue d'Oïl qui a évolué avec ses soeurs du nord et du nord ouest de la France et c'est l'ordonnance de Villers Cotterêts qui l'a fixée en 1539, obligenat les autres loceis régionaux à s'aligner. Le français est une langue de pouvoir, sans doute celle de l'unité française, mais elle n'a aucune hiérarchie linguistique qui la donnerait supérieure aux autres, semblables comme les langues d'Oïl comme le Gallo ou très différentes comme le breton qu'il faut défendre et préserver à tout prix lui aussi.

Le grand-père de ma femme (Breton du Cap Sizun) se faisait moquer et punir quand il parlait sa langue à l'école à la fin du XIXème siècles, exactement comme le mien se faisait rabrouer quand il parlait la langue normande de ses ancêtres en cour de récréation.
Ne croyez pas que le breton serait "supérieur" aux langues comme le gallo, le normand, le picard ou le champenois (pour ne prendre que ces langues), il a juste un peu plus de locuteurs pour l'instant et vient d'un arbre linguistique très différent. Par contre, son déclin est mesurable et incontestable et c'est vraiment dommage. Mais le français lui-même n'est à l'abri de rien...
Par ailleurs, le gallo et le normand ne sont pas de "vagues variantes" de la langue française. Ils ont leur grammaire et leur lexique bien spécifiques eux aussi, comme le breton. L'italien et l'espagnol ressemblent eux aussi au français, ils n'en sont pas pour autant de vagues variantes je pense.
Il n'y a pas de "petites langues", par contre certains comportements impérialistes et dominateurs ont été inadmissibles, tant pour les bretonnants que pour les normanophones et c'est ça qui est regrettable, vraiement regrettable.
Vive la langue normande !
Vive la langue bretonne !

Défendons ensemble le droit à la pratique usuelle de toutes nos langues régionales qui font partie de notre patrimoine français.

Pour télécharger la carte interactive de l'UNESCO

Quelques mauvaises nouvelles pour la France :


Légende des drops :
Blanc : vulnérable
Jaune : en danger
orange : sérieusement en danger
rouge :  en situation critique
noir    :  éteinte

Nous sommes bien menacés à brève échéance. Ceci dit, je vous confirme que le normand est bien une langue (parmi la famille des langues d'Oïl), différente par ses origines du breton mais une langue quand même et, comme le breton que je défends aussi, la langue normande est très menacée car elle-aussi on l'a méprisée en faisant croire à ses locuteurs - grâce à l'action rude et efficace des hussards noirs de la République - qu'en parlant ce loceis, ils se montraient comme des citoyens de culture et de niveau social inférieurs.
Par Erwan - Publié dans : Université IÂ
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 10:51


Cher monsieur VIDON,

     Je ne vous connais pas beaucoup car je ne vous ai vu qu'une fois pendant le cours de langue normande de Jacques MAUVOISIN. Merci de votre missive qui nous apprend qu'il y aura des restrictions au sein de l'UIÂ du Bocage saint-lois mais nous sommes habitués et nous serons contraints de faire avec le déploiement des moyens financiers dont dispose l'antenne...


    
Je voudrais néanmoins attirer votre attention sur le fait que vous aviez prévu une feuille de présence à émarger (pour faire acte de présence) lors de chaque cours. Ainsi, en langue normande, nous sommes assez nombreux dans la salle 5 de Schweitzer, parfois serrés même, mais je n'ai jamais vu circuler la feuille de pointage que vous préconisiez en début d'année ... universitaire. Peut-être suis-je le seul ?
     Plus ennuyeux encore sans doute, dans le cours d'histoire du Cotentin, les conférences de Julien DESHAYES ont un succès certain, tant du point de vue de la fréquentation, de l'assiduité des étudiants (les applaudissements nourris en fin de cours en sont la preuve évidente) que du point de vue de l'intérêt d'une telle discipline au plan local ; eh bien nous sommes serrés comme des sardines dans cette salle 5, monsieur VIDON, depuis que les services techniques de la ville ont réduit sa surface disponible d'un tiers, sans la moindre consultation préalable. Certes, j'ai vu une fois la feuille de présence circuler et je l'ai signée consciencieusement. D'ailleurs, Alain GOULET veille à ce que tout se passe bien et il déploie l'énergie qu'il faut pour cela, notamment en mettant à la disposition du conférencier, un ordinateur et un vidéo-projecteur...
     Mais comprenez bien cher monsieur que nous sommes à l'étroit dans cette salle 5 réduite à 2/3 de son ancienne superficie.

     Y aura-t-il de nouvelles dispositions pour pallier ces inconvénients à la prochaine rentrée universitaire ? Sinon, que comptez-vous faire ?

Bien cordialement,

Jean-Pierre Crespin
           Retraité

http://chositude.over-blog.com

http://memetics-story.com


Le blog est-il vraiment "un journal intime" ?
Ou est-ce un medium multiforme et polyvalent ?
Par Jean-Pierre CRESPIN - Publié dans : Université IÂ
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 11:37
Un petit clip en forme de tapisserie :







Mais essayons de retrouver la trace de cette épopée au travers de la Tapisserie de la reine Mathilde qui est tout sauf une tapisserie (une broderie ou une bande dessinée plutôt) commanditée par l'évêque Odon, demi-frère de Guillaume et en charge de l'évêché de Bayeux :





"La Tapisserie de Bayeux, aussi connue sous le nom de Tapisserie de la reine Mathilde, et plus anciennement « Telle du Conquest » (pour « toile de la Conquête ») semble avoir été commandée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume le Conquérant. Elle décrit les faits relatifs à la conquête normande de l'Angleterre en 1066. Elle détaille les événements clés de cette conquête, notamment la bataille de Hastings. Toutefois, près de la moitié des images relatent des faits antérieurs à l'invasion elle-même. Bien que très favorable à Guillaume le Conquérant, elle a une valeur documentaire inestimable pour la connaissance du XIe siècle normand et anglais. Elle renseigne sur les vêtements, les châteaux, les navires et les conditions de vie de cette époque. Conservée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans la collection de la cathédrale de Bayeux, elle est au XXIe siècle présentée au public dans un musée[1] qui lui est entièrement dédié. La tapisserie est inscrite depuis 2007 au registre Mémoire du monde par l'UNESCO.

 

 

La Tapisserie de Bayeux n'est pas, à proprement parler, une tapisserie ; en effet, elle relève de la broderie, de huit teintes naturelles de laines sur des pièces de lin bis. Elle a été confectionnée entre 1066 et 1082, peut-être en Angleterre pour être exposé à la cathédrale de Bayeux pour une population souvent analphabête. Elle est divisée en une série de panneaux, d'une longueur totale de soixante-dix mètres pour une hauteur de cinquante centimètres[2]. Chaque scène est assortie d'un commentaire en latin. Il faut aussi remarquer que la broderie est amputée. Sa fin est perdue mais elle devait se terminer, d'après tous les historiens, par le couronnement de Guillaume. Six cent vingt-six personnages, deux cent deux chevaux et mules, cinq cent cinq animaux de toutes sortes, trente-sept édifices, quarante-neuf arbres sont recensés. Au total, mille cinq cent quinze sujets variés fournissent une mine de renseignements sur le XIe siècle.

 

Odon de Bayeux est généralement identifié comme étant le commanditaire de la Tapisserie de Bayeux[3]. La supposition repose sur un faisceau d'indices concordants[4]. Tout d'abord, sur la tapisserie ne sont nommées, en dehors des figures historiques (Harold Godwinson, Édouard le Confesseur, Guillaume le Conquérant etc.) et de la mystérieuse Ælfgyva, que trois personnes, Wadard, Vital et Turold[4]. Ceux-ci ne sont mentionnées dans aucune autre source contemporaine de la bataille de Hastings[4]. Or il apparaît que ces hommes sont tous des tenants d'Odon dans le Kent[4], signe qu'ils faisaient partie des hommes qu'Odon a amené à la bataille. Ensuite, la tapisserie montre Harold Godwinson jurant fidélité au duc Guillaume, sur de saintes reliques, et assistance pour son obtention du trône anglais, à Bayeux[3],[4]. Orderic Vital place l'événement à Rouen, et Guillaume de Poitiers à Bonneville-sur-Touques. De plus, le rôle d'Odon à Hastings est à peine mentionné dans les sources qui ne sont pas liées à Bayeux[3]. Les historiens concluent qu'Odon est le seul à avoir eu les moyens financiers de commanditer une œuvre aussi gigantesque, et qui mette en avant ses tenants et les reliques de Bayeux[4].

Si une majorité d'historiens s'accorde à penser que c'est bien Odon qui commanda cette broderie pour orner la nef de la nouvelle cathédrale Notre-Dame de Bayeux, inaugurée en 1077, la discorde règne encore quant à qui la fabriqua. La légende dit que c'est la reine Mathilde, aidée de ses dames de compagnie, qui la fabriqua ; pour d'autres, elle fut fabriquée, soit dans le Kent, soit à Winchester, dans le Hampshire, vingt ou trente ans après les événements qu'elle relate. Enfin dernière des hypothèses, sa fabrication aurait été effectuée à Saumur.

Toutefois, deux hypothèses de recherches sont avancées.

  • Les dernières recherches de l'Université de Caen, réunissant des sommités archéologues, historiens, médiévistes, s'accordent à penser que la « Broderie d'Hastings » a été faite dans le Kent, à Winchester ou à Canterbury, tout de suite après la bataille elle-même, et sa confection aurait duré deux ans environ. C'est ce que Denise Morel et Marie France Le Clainche font vivre dans leur roman Les Brodeuses de l’Histoire, où elles mettent en scène l'atelier de broderie de Winchester. Nous savons, en effet, que cet atelier rassemblait brodeurs et brodeuses, laïcs et religieuses, anglo-saxonnes, normandes et bretonnes.
  • Selon l'historien américain George Beech, spécialiste du Moyen Âge, plusieurs indices permettraient de démontrer, que la Tapisserie de Bayeux fut en réalité conçue à l'abbaye de Saint-Florent de Saumur. Plusieurs faits permettent d'étayer cette réflexion. Le prieur de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur, était seigneur de Dol en Bretagne. Or plusieurs scènes de la tapisserie racontent les préparations guerrières des batailles au Mont-Saint-Michel, à Dol de Bretagne, à Rennes et à Dinan. De plus, ce seigneur de Dol était lié d'amitié avec Guillaume le Conquérant. Enfin à la fin du XIe siècle, l'abbaye de Saint-Florent-de-Saumur s'est retrouvée propriétaire de nombreux domaines en Angleterre. Ces possessions ont pu être offertes par Guillaume le Conquérant en remerciement de la tapisserie.

La première moitié de la broderie relate les aventures du comte Harold Godwinson, beau-frère du roi Édouard le Confesseur, dont le navire débarqua suite à la dérive des courants sur les terres du comte Guy de Ponthieu (dans la Somme actuelle) en 1064. Il fut capturé par Guy qui envisageait de le libérer contre rançon. Hélas, un espion de Guillaume, visible sur la broderie, était là. Guillaume exigea de Guy qu'il lui remît Harold, ce qui fut fait. Guillaume adouba Harold chevalier à Rouen. C'est lors de cette cérémonie, qu'on voit sur la broderie, que Harold jura, sur les reliques d'un saint (très important à l'époque) à Guillaume de le soutenir pour succéder à Édouard sur le trône d'Angleterre. Il revint sur cette promesse plus tard, ce qui lui valut son excommunication par le pape. La broderie montre ensuite Harold retourner en Angleterre et se faire acclamer roi après la mort d'Édouard.

La broderie reflète le point de vue normand de l'histoire, notamment en justifiant l'invasion de Guillaume par sa légitimité au trône. Harold y est représenté comme un fourbe, parjure, reniant un serment sacré, alors qu'il semble que l'on ne trouve de relation de ce serment que dans la tapisserie et dans la Gesta Guillelmi de Guillaume de Poitiers, une autre source normande, écrite peut-être dix ans après la conquête normande de l'Angleterre. Cela dit, on s'accorde généralement à penser que ce serment eut bien lieu mais qu'il y aurait peut-être eu tromperie, puisque Harold aurait affirmé qu'il ne savait pas qu'il y avait de saintes reliques sous le livre sur lequel il jura. Cependant la tapisserie laisse aussi un peu de place au point de vue anglais. Harold, le parjure, est à l'honneur dès le début de la broderie; il sauve deux normands du Couesnon, on le voit prier Dieu, son couronnement montre qu'il est un roi légitime et les inscriptions durant la bataille prouvent sa dignité de roi. Ainsi la tapisserie en imposant le point de vue général normand permet une lecture plurielle, anglaise ou normande, sur des aspects secondaires.

Ensuite, sur la broderie, nous voyons les préparatifs de Guillaume pour son invasion de l'Angleterre ; puis des images de la bataille d'Hastings. À ce sujet, on a longtemps cru que Harold y était représenté mourant d'une flèche dans l'œil, mais on pense, de nos jours, qu'il y a eu confusion sur la personne, le frère d'Harold étant mort d'une flèche dans l'œil.

La broderie contient aussi une représentation d'une comète, probablement la comète de Halley. La mention de cette comète est entièrement justifiée, car elle devait justement passer à cette époque.

Également, les éléments (animaux fantastiques, sauvages ou domestiques, fables, chevrons) figurant dans les parties hautes et basses de la broderie ne semblent pas avoir de rapport avec le principal récit pour une minorité d'auteurs comme Wolgang Grape ou Carole Hicks. Ainsi, on peut voir par exemple dans la partie basse de la tapisserie une scène du corbeau et du renard d'Esope reprise par Phèdre qui n'aurait qu'un rôle décoratif. Cependant la grande majorité des spécialistes pense qu'il existe des liens entre les bordures et la bande principale. D. Beirstein et Daniel Terkla en ont fait la démonstration. Mais il y a débat sur le point de vue reflété par les fables. R.Wissolik et D.Bernstein ont interprété ces fables comme un commentaire anglo-saxon d'ordre moral. Pour Bard McNulty ou D.Terkla il s'agit d'une paraphrase soutenant le point de vue normand.

Toutefois, à la fin de la broderie, lorsque la bataille entre Guillaume et Harold fait rage, les motifs décoratifs de la frise du bas disparaissent, et la frise se remplit des cadavres des morts et des boucliers et armes tombés à terre, comme si ce « débordement » devait traduire la fureur des combats, impossibles à contenir dans la zone du milieu de la tapisserie.

La broderie nous apporte une connaissance quant à des faits historiques dont nous avons peu de trace par ailleurs. Elle apporte des informations nouvelles sur des éléments de l'expédition de Bretagne, sur le lieu du serment : Bayeux, sur la place des frères de Guillaume dans la conquête ou encore sur Odon, un évêque, qui a osé combattre dans la bataille ce que l'Eglise interdisait. La présentation de la broderie, sous forme d'images, la rendit tout au long des siècles accessible à tous alors que peu savaient lire.

 

La broderie est inestimable quant à la connaissance de la vie de l'époque ; d'abord sur les techniques de broderie du XIe siècle, notamment l'apparition de ce qui est nommé depuis le point de Bayeux ; ensuite sur nombre de techniques de l'époque, puisque y apparaissent des constructions de châteaux, de bateaux (la flotte d'invasion de Guillaume). Y figurent aussi des vues de la cour de Guillaume, de l'intérieur du château d'Édouard, à Westminster. Nous y voyons nombre de soldats, ce qui a permis de se faire une meilleure idée de leur équipement. La plupart portaient des broignes et non des cottes de mailles comme on l'a cru longtemps. De même, sont bien visibles des signes distinctifs sur les boucliers, ce qui était peu répandu jusqu'alors. Toutefois, les soldats y sont représentés se battant mains nues alors que toutes les autres sources écrites de cette époque font apparaître que les soldats se battaient (et chassaient) presque toujours gantés.

 

Vers l'an 1100, un poète français du nom de Baudry compose pour Adèle de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, un poème dans lequel il décrit une tapisserie faite de soie, d'or et d'argent et représentant la conquête de l'Angleterre. Même si la taille et les matériaux de cette tapisserie montrent qu'il ne s'agit pas de la même tapisserie, même si l'existence de la tapisserie de la comtesse Adèle est mise en doute, il est évident que le poème de Baudry s'inspire soit directement, soit indirectement de la tapisserie de Bayeux. La plus ancienne mention directe de la tapisserie est un inventaire des biens de la cathédrale de Bayeux, dressé en 1476, qui en mentionne l'existence et précise qu'elle est suspendue autour de la nef pendant quelques jours chaque été. En 1562, des religieux, avertis de l'arrivée imminente d'une troupe de Huguenots, mirent à l'abri quelques biens. Ils firent bien, car ceux-ci mirent à sac la cathédrale. D'une notoriété encore très locale, elle ne commença à intéresser des érudits non normands qu'à la fin du XVIIe siècle[5].

La Révolution française faillit marquer la fin de la Tapisserie. Déjà, le nouveau pouvoir préconisait de détruire tous les documents historiques. En 1792, la France étant menacée d'invasion, des troupes sont levées. Au moment du départ du contingent de Bayeux, on s'avisa qu'un des chariots chargés de l'approvisionnement n'avait pas de bâche. Un participant zélé, proposa de découper la tapisserie conservée à la cathédrale pour couvrir le chariot. Prévenu tardivement, le commissaire de police, Lambert Léonard Leforestier, arriva cependant juste à temps pour empêcher cet usage. Il se créa alors une commission artistique qui veilla à la sécurité de l'œuvre pendant la Révolution. À des fins de propagande contre l'Angleterre qu'il projetait d'envahir, Napoléon la fit venir à Paris en 1803 où elle fut exposée à l'admiration des foules parisiennes. Elle retourna à Bayeux en 1805. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Mme Elisabeth Wardle, femme d'un riche marchand, finança une copie de même taille qui se trouve maintenant en Angleterre[6].

Elle fut à nouveau cachée pendant la guerre franco-prussienne de 1870 puis durant la Seconde Guerre mondiale. À l'heure actuelle, elle est exposée au Centre Guillaume le Conquérant, à Bayeux." (in Wikipédia)

 

Ceci est un buzz en bonne et due forme de l'article actuel de Wikipédia sur le sujet de la "Tapisserie" de Bayeux. Comme je le trouve plutôt bon, même excellent, je vous le propose ici tel quel mais vous pouvez aller le consulter à la source (c'est le principe même et la raison d'être d'internet et de la rediffusion des bons articles...)

 

 

 

 

 

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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 11:05

Voici un gentil monologue à retranscrire en phonétique du Cotentin.

Éliane LE FOLL est d'Ouilly-Le-Tesson petit pays pas si loin de Falaise, ville natale de Guillaume le Bastard.






À vous braves gens ! ...
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 19:20
Un ami m'a envoyé ceci  :



et j'ai écouté avec grand plaisir.




Avec plusieurs intervenants, j'aime bien ça aussi :

 

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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 16:35

LA GRIVE MUSICIENNE



Le chant de la grive musicienne






Une belle grive musicienne a élu domicile sous l'une des fenêtres de notre chambre. Elle a d'abord pondu trois oeufs et depuis nous n'osons plus ouvrir les volets ou la fenêtre de crainte de la déranger dans ses activités pré-maternantes.








Ce matin, il y en avait quatre qu'elle sest mise  à couver consciencieusement... Mais elle est très vite effarouchée : dès qu'on passe dans la cour, à proximité de son nid, elle s'envole. Quelle bécasse !
Et puis son nid, il faut voir comme elle l'a décoré de lanières de plastique transparent et de ficelle en nylon vert. L'architecture chez les grives fait à présent un usage immodéré des matériaux modernes. Mais ses oeufs sont beaux comme... des oeufs de grive musicienne. Je vais attendre 12 jours et je pointerai mon appareil photo au dessus de cette couveuse de façade. Il y aura peut-être même quelques roses pour faire plus joli. Peut-être même vais-je pouvoir la photographier si elle s'habitue un peu à ma présence pacifique et curieuse ?

Là, trois oeufs sont déjà éclos. Le quatrième ne va pas tarder :





Quelques jours plus tard, trois immenses becs s'ouvrent tandis que le quatrième se repose un peu. Mais ils prennent de plus en plus de place dans le nid !



À dix jours, ça mange ! Les plumes ont commencé à pousser et les becs jaunes s'ouvrent larges et grands.




Ils occupent tout le nid ; les plumes ont à présent la même couleur que celles de leurs parents. Bientôt, ils vont quitter ce nid qui les a vus naître et grandir...



La grive musicienne (1) - wideo
En voilà une qui porte bien son nom ! Au printemps, son chant est l'un des plus harmonieux et des plus variés qu'on puisse entendre
Pour en savoir + : http://pagesperso-orange.fr/vivre-avec-les-oiseaux/





La grive musicienne (2) - wideo
En voilà une qui porte bien son nom ! Au printemps, son chant est l'un des plus harmonieux et des plus variés qu'on puisse entendre
Pour en savoir + : http://pagesperso-orange.fr/vivre-avec-les-oiseaux/

Allaez vei chenna tchu Magène, c'est reide byin fagotaé sus la telle :



NOMS NORMANDS DES OISEAUX




macareux moine, perroquet de mer = barbelotte, marquelotte

fulmar boréal = tchie-vent

fou de Bassan = taungard, taungoun, margat

mergule nain = coquet

cormoran huppé = le huppé

grand cormoran = graund cormoraun

bernache cravant = ouette, benêque, breune cônerotte, ouvette

pingouin torda = noirot

canard siffleur = vignoun, nette rousse, brante roussâtre

canard chipeau = âoti

sarcelle d'hiver = sercelle

verdier d'Europe = verdris, vert-linot

harle huppé = bé-dé-scie

épervier d'Europe = étercelet

faucon crécerelle = étercelet

foulque macroule = macreuse

chardonneret élégant = cardrounette, querdrounette, écadronette, chardronnette

huîtrier pie = pie-dé-mé

gravelot = orbette

pluvier = pllouvi, tchu-blleu

bouvreuil = bouvreu

bruant = mouéssoun

tarin des aulnes = térin

vanneau huppé = vane, tî-vi, vanniâo

bécasseau = trottin, bécachoun

bécasse des bois = bécache

courlis corlieu = couorlis  courlieu, courieu

courlis cendré = livergin

tourne-pierre à collier = tourne-brette, trétin

labbe, grand labbe = gobe-merde, bèque-four

goéland = mâove

sterne caugek = haquet

sterne pierregarin = tchélin, étaillet

sterne naine = hiroundelle dé mé

sterne arctique = raquet, saratier

guillemot de troïl = gllâome gadin, dadin ploungeoun

pigeon ramier = roumyi

tourterelle des bois = teurte, teurterelle des boués

chouette hulotte = cat-huaunt, huchot

engoulevent d'Europe = crapou volaunt

huppe fasciée = pupu

pic vert = pieu-pieu épé, avocat des mounyis

pic épeiche = tape-marté

hirondelle = hérounde

hirondelle de fenêtre = hérounde dé querterie

bergeronnette = daunche-mare, daunche-marette, crâole-coue

troglodyte mignon = rébelot, herbette

accenteur mouchet = beunette

rouge-gorge familier = bochu, rouoge-fale

rossignol philomène = prêitrot

rouge-queue noir = riqueu

traquet motteux = tchu-bllaunc

merle noir = jâone-bé

jeune merle = merlot, mêlot

grive litorne = éplluque poumi, bouolingot, tchu-blleu

grive musicienne = lotouone

grive mauvis = mâovis, rouoge-côtaé

grive draine = calimachounyire, grive dé poumyi

fauvette pitchou = bûnette, fâovette traîne-bissoun

fauvette babillarde = gâchette

fauvette des jardins = beunette, bûnette

fauvette à tête noire = beunette à taête neire

pouillot = pouillecat

roitelet = riqueu

mésange = mésigue, mésaungue

mésange bleue = cope-boutoun, cope-flleurs

pie grièche = pie cruelle

geai des chênes = guai

pie bavarde = pie agache

corbeau freux = conâle

grand corbeau = graund corbin, conâle

corneille noire = conêle, conâle câto

choucas des tours = câovette, cahuchette

étourneau sansonnet = boche

moineau domestique = gros bé, mouessoun

pinson des arbres = pinchoun mistradyi


Merci à Jean-Claude Léger qui a recueilli ces noms locaux
avec différentes sources de relevés



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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 16:22

"Il vit surgir, du fond obscur du corridor, un gros rat à la démarche incertaine
et au pelage mouillé. La bête s'arrêta, sembla chercher un équilibre,
prit sa course vers le docteur, s'arrêta encore,
tourna sur elle-même avec un petit cri
et tomba enfin en rejetant du sang
par les babines entrouvertes.
Le docteur la contempla
un moment et remonta
chez lui.

Ce n'était pas au rat qu'il pensait."
(Albert CAMUS, La Peste)
Mieux vaut un rat vivant qu'un chat crevé.


J'étais parti de bonne heure ce matin-là car la veille, j'avais sorti de son gîte un beau lièvre dans les environs du château de Crosville. J'avais préparé minutieusement mes cartouches avec du plomb n° 4, graissé mon fusil 'Robust-Idéal', un calibre 16 de belle facture qui ne manquerait pas sa cible le moment venu...

Le château de Crosville

Dans le grand jardin, derrière la splendide demeure, j'aperçus Michèle la propriétaire, et je lui demandai si elle n'avait pas vu le capucin dans les parages. Comme elle s'apprêtait à me répondre, le rouquin sauta du talus et se dirigea vers les marais.

                   Michèle LEFOL

Michèle me souhaita bonne chance. Je sifflai Princesse ma chienne,  une braque, qui avait un flair exceptionnel et un souffle de marathonienne.
Le lièvre s'en allait vers la rivière qui contourne le marais. Il s'orientait vers la butte que nous appelons l'île de Crosville car en hiver lorsque les marais sont totalement inondés, c'est le seul espace de terre qui reste émergé. Là, habitait un vieux misanthrope, Hyppolite LEHADOUEY, une sorte d'ermite qui avait à peu près 70 ans. Sa maison en pierre du pays était encore couverte de chaume et le petit jardin qui l'entourait était remarquablement mal entretenu car le lierre et les ronces y faisaient la loi.
Hyppolite m'aperçut de loin et me cria :
- " Tchi qu' tu traches par ilô ?"
- Vous n'auriez pas vu un lièvre dans le coin Maît' LEHADOUEY ?
- Ah pas à matin mais i vyint souvent par ichin. J' l'y veu aco y' a treis jours.










À peine avait-il achevé cette phase que j'entendis Princesse s'agiter bruyamment. Elle aboya trois fois en direction de la haie et le fuyard repartit vers le marais. Je visai rapidement le cul et tirai les deux coups à la suite. Mon lièvre fit une triple culbute et ma chienne courut vers lui en jappant comme une folle. Nous le tenions...
Le père Hyppolite me félicita et me dit :
- Veux-tu veni beire une moque ?
- Oui, merci à vous, ce n'est pas de refus. Je posai mon gros capucin sur la table de son antre et nous bavardâmes pendant trois bons quarts d'heure en buvant un cidre bouché qui n'était ma foi pas mauvais du tout.
Mais il fallait que je reparte car on m'attendait déjà pour le déjeuner. Il était plus de treize heures...

- "À la prochaine fois Maît' Hyppolite et prenez bien soin de vous !
- Tei itou man garçon, dis byin l' boujou à ta grand-mère de ma part...
- Je n'y manquerai pas. Merci pour la moque. Au revoir !"






Je ne retournai pas à l'Île de Crosville durant l'été car je travaillais dans une ferme à une vingtaine de kilomètres plus à l'ouest.
Après une arrière-saison particulièrement pluvieuse, l'hiver 1962-1963 fut  exceptionnellement rigoureux. Les marais étaient inondés comme jamais ils ne l'avaient été et un froid sibérien se répandit, pendant plus de cinq semaines sur ces étendues d'eau à perte de vue. Il fit jusqu'à - 23 ° C. Le lait gelait dans les seaux et les bidons, et cela, même dans les maisons. Une épaisseur de glace de 40 à 50 cm recouvrit nos marécages. Il était devenu possible de rouler en voiture sur cette étendue parfois recouverte d'une couche de 10 cm de neige. La Douve et toutes les rivières étaient prises par les glaces, en tous endroits ,et la mer gelait aussi, détruisant de nombreux coquillages et crustacés de l'estran.


Puis, le printemps revint, tardivement. La glace fondit et l'eau se retira rapidement.





Le 28 mars 1963 — c'était un jeudi — je me décidai à aller rendre une petite visite à Hyppolite LEHADOUEY. Je frappai à sa porte à  trois reprises. N'entendant rien, je poussai la porte doucement.
- Père Hyppolite ?
Aucune réponse ! J'avançai dans la pièce sombre et m'approchai de l'alcôve où dormait habituellement le père LEHADOUEY. Il était là, étendu, mais il semblait très amaigri dans des vêtements trop grands. Je m'approchai encore et entrevis un visage complètement décharné et couvert de meurtrissures encore sanguinolentes. Son vieux chat était mort à ses côtés. Il n'avait pas pu assez bien le défendre.
La mort remontait à plusieurs semaines sans doute...


Les rats l'avaient mangé.
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Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /Mars /2009 17:07



Julien DUPRÉ le ramassage du foin en vrac dans un banneau avec 2 "éclettes".






Vincent VAN GOGH avait reproduit avec talent cette scène de la Méridienne réalisée à l'origine par le Normand  Jean-François MILLET, modèle que Vincent avait repris d'après la gravure sur bois de LAVIEILLE.

On voit ici le détail d'un banneau équipé de deux échelles ("éclettes") légèrement incurvées, l'une à l'avant et l'autre à l'arrière. On n'aperçoit pas les ridelles sur les deux côtés mais on peut penser qu'elles y sont et il semble bien que ce banneau était tiré par deux vaches ou deux boeufs.

Les roues sont des bonnes roues de charron classiques et, comme c'est l'heure de la sieste, les animaux ont le droit au repos eux aussi et peuvent brouter un peu sous l'ombre peu allongée de la vûillotte qui parait immense.


BANNEAU : n.m
Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXème s. ainsi que Larousse du XXème , Académie 1932, Robert, Quillet 1965.
− Région. (Normandie, Canada). Tombereau :
1. ...
ils entreprirent d'épierrer la butte. Un banneau emportait les cailloux. Tout le long de l'année, du matin jusqu'au soir, par la pluie, par le soleil, on voyait l'éternel banneau avec le même homme et le même cheval, gravir, descendre et remonter la petite colline.
Flaubert, Bouvard et Pécuchet, t. 1, 1880, p. 30.

− Le contenu de ce tombereau :
2.
− Des ossements... des crânes? − Mais oui, Monsieur; si vous croyez qu'on prenait le temps des fosses! Après les luttes, ici, hop! que je te cule et te bascule, au trou! en vrague; tant que ça pouvait! Un banneau de terre par-dessus, et on va à l'autre bout du champ...
J. de La Varende, Les Manants du roi, 1938, p. 145.

PRONONC. − Dernière transcr. dans DG : bà-no'.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1. XIIe s. beniel « tombereau » (Serventois du XIIIe s., p. 9 dans Gdf. Compl. : Je li ai dit s'ele me veult amer, Ke lues errant que l'avrai fianchie Ke moi et li ferai je pourmener Seur un beniel); XIIIe s. (?) norm. benel (Jurés de S. Ouen, fo 282 ro, A. S.-Inf. dans Gdf. Compl.); fin XIIIe s. pic. baniel (Coutumes Lille, éd. Roisin, 296 dans T.-L.); 2. 1690 technol. dial.
(Fur.; Banneau ou Benneau ... Petite tine ou vaisseau de bois qui sert à contenir les liquides, à les transporter sur des bêtes de somme, et aussi à les mesurer. Il ne se dit pas tant à Paris que dans les Provinces, comme en Normandie, Picardie, Lyonnois, etc. où on dit un banneau de chaux, un banneau de bled, un banneau de vendange); 3. 1808 technol. (Boiste : Banneau [...]; petit banne).
Dimin. de banne* étymol. 1 et 2; suff. -eau*.

Banneau provient du gaulois "benna", repris par le latin, avec le sens de "véhicule léger en osier" et ce mot est utilisé ainsi  dans une grande partie de la France, dès le XIIIème siècle.

Banneau chargé de pommes à la moitié de sa capacité car on peut ajouter des "hausses" qui doublent le volume du chargement possible.

Charretil (quertyi) adapté au transport des gerbes de blé ou à celui des bottes de foin


Charretil suivi d'un triqueballe, le tout tiré par trois chevaux



Ce banneau est aménagé pour transporter du foin, des gerbes de blé ou de la paille, accessoirement des fagots... Les deux échelles (assez courtes dans ce cas) servent et élargir vers l'avant et vers l'arrière la surface et le volume du chargement. Les ridelles de chaque côté ont pour fonction  de maintenir les bottes de foin qui débordent largement au dessus de la bande métallique des roues. Assez souvent, des ergots étaient en saillie sur la partie extérieure de ses ridelles.

Mais les échelles (éclettes) peuvent se retirer aisément après les foins et les moissons pour transporter de la terre, des betteraves fourragères, les pommes ou plus tard le fumier. Le banneau est donc  un outil de transport, un véhicule utilitaire parfaitement polyvalent.

Banneau (ou tombereau) avec l'avant et l'arrière bien fermés.

Banneau servant au transport de la terre

Banneau à base rallongée en équilibre sur ses deux "servantes", long comme
un charretil (quertyi)
mais aux "éclettes" relativement courtes et aux côtés pleins...



Banneau dépourvu des deux bras (brancards) classiques avec juste
le timon central pour y atteler un cheval ou un boeuf de chaque côté.






Sur cette photo, quand même assez ancienne puisqu'elle a près de 60 ans, on peut voir encore une charrette, assez bien centrée : c'est le banneau de la fuite du temps vers l'avenir...
Mais en attendant cet avenir sans doute inquiétant, on peut se retourner vers le passé relativement récent de cette embarcation de fortune voguant pour le plaisir des enfants sur un lavoir paisible ; une planche mobile à l'avant permet de fixer des branches de pin ou d'if afin d'approcher les colverts en hiver. Frêle esquif sans doute, mais gabion mobile efficace.
La barrière - très classique -  de la "Perruque" (c'est le nom du champ à droite dans lequel se trouve la source qui alimente, avec une régularité insolente, le lavoir visible entre ces murs et un second lavoir plus bas, dans l'enceinte du marais de la... mare.)




Alors, c'est quoi ce rafiot ? Je vous le donne en mille...

C'est un réservoir supplémentaire de carburant de l'une des  "forteresses volantes "  qui ont largué des milliers de bombes sur notre région en 1944 pour nous libérer de l'invasion allemande. Il a juste été découpé sur le dessus. Le métal est léger mais résistant.

Ingénieux, non ?


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Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /Mars /2009 00:00
Dans notre roman "Zabeth", alors que Tiennot rend visite au vuus LAROQUE et que celui-ci vient de lui offrir une moque, l'épouse de Paul s'affaire devant sa cheminée :

  "I-z-entrîtes dauns la maisouon y où qu'Aungèle allait se mette à dréchi la souope. Le vuus Laroque happit déeus moques dauns l'ai' yi et les paôsit vis à vis sus la tablle y où qu'i s'asséyitent sus la bauncelle. Le pus janne des garçouns happit le pichet dauns le pllacard du haôt de la tabble et s'en allit qu'ri à beire." (p. 70)

Il n'est pas impossible qu'Aungèle drèche la souope, c'est à dire qu'elle pose le récipient qui contient le bouillon au mitan de la tablle, mais comment va se dérouler ce cérémonial de la souope et d'ailleurs quelle est la signification lointaine de ce mot souope ? (Soupe...)

La soupe est une tranche de pain que l'on pose dans l'assiette et que l'on arrose  - jusqu'à l'en imprégner - du bouillon ou du liquide qui va servir à la tremper.
Tailler la soupe, trancher la soupe = préparer les tranches de pain qui vont servir à absorber le liquide...
Mouillé comme une soupe, trempé comme une soupe...
Le mot soupe provient du francique "suppa" ("tranche de pain sur laquelle on verse le bouillon") suppa latinisé en suppa (avec accent sur le "u") vers 500. C'est un mot de la famille de "supôn" (" assaisonner") et proche du Néerlandais "sopen" ("tremper").


Le linguiste Olivier Schopfer raconte la soupe
(Cliquer sur ce lien)

À plus long terme le mot soupe vient du sanskrit sû & "pô" qui signifient "bien nourrir".

Mais des variétés de soupe vont apparaître au cours des siècles et dans différents milieux...


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